dimanche 22 octobre 2017

[Réflexion] #MeToo



Je ne sais même plus quel âge j’avais la première fois. Moins de 10 ans. J’étais à la piscine quand j’ai vu, derrière la porte arrière vitrée, un gars qui se masturbait. Je n’ai pas compris ce qu’il faisait ni avec quoi il jouait dans son pantalon. Mais j’ai saisi son air malsain, que ce qu’il faisait n’était pas anodin. J’ai  averti mon professeur de natation. Il ne m’a pas crue quand je lui ai dit qu’un « Monsieur faisait des trucs bizarres à la fenêtre. » Il a pensé que j’essayais d’esquiver mon exercice que j’ai dû exécuter fissa.

Ma mère m’a crue, elle. Elle a explosé de colère quand je lui ai raconté ma mésaventure. Elle assistait à chacun de mes cours de natation ; mais de là où elle était, elle ne pouvait pas voir la fenêtre choisie par l’exhibitionniste. Nous avons alors convenu d’un signe que je lui ferai de suite, si je revoyais cet infâme personnage.

Ce jour-là, ma mère a dû trouver une solution parce que je n’avais pas été prise au sérieux alors que confrontée à quelque chose de grave. Je ne me souviens pas du visage de mon agresseur, mais je n’ai pas oublié son air dégueulasse pendant qu’il se tripotait. Je n’ai pas oublié le signe que je devais faire non plus.  

Bienvenue dans un monde où les femmes doivent se serrer les coudes pour se protéger de la perversité des hommes.

J’ai décidé de rédiger cet article parce que depuis l’affaire Weinstein, je ressens le besoin de vomir les présentes lignes. Je pourrais pondre un bouquin de remarques salaces et/ou sexistes. Je vais essayer d’aller à l’essentiel. Parce que je pense que nous devrions toutes relater ce dont nous avons été victimes. Parce que nous ne sommes pas des hystériques puritaines. Parce que nous avons toutes souffert de ce monde machiste et qu’il est grand temps que cela cesse. Parce que nous avons toutes un Weinstein à nous. Parce que nous n’exagérons rien.

Adolescente, j’ai eu la mauvaise idée de me bourrer la gueule à proximité d’un mec qui avait décidé « je vais me la faire. » Je ne me suis rendue compte de rien. C’est par après que j’ai appris avoir eu la chance d’avoir été protégée par un garçon amoureux de moi, sinon j’aurais peut-être été violée. Je n’ai jamais pu remercier mon protecteur.

J’ai été en couple avec un gars qui me considérait comme son objet. Interdiction de mettre des baskets, les filles ça porte des talons. Interdiction de m’attacher les cheveux : une fille, ça porte des cheveux longs lâchés.  J’ai bouffé sa jalousie maladive pendant des années.  Alors que pendant qu’il me cocufiait, je n’avais rien à me reprocher.  Si je refusais d’ouvrir les cuisses sur commande, c’est que je m’étais faite sautée par des tas d’autres mecs. A la Saint Valentin, il me couvrait de tas de cadeaux. Le lendemain j’étais à nouveau une pute. Je devais avoir son autorisation pour faire des activités avec mes amies, surtout si elles étaient célibataires. (Ben oui, si elles sont célib’, elles cherchent constamment un mec pour les baiser.)

Le jour où je l’ai quitté, il a hurlé devant tout le monde que quand je coucherai avec un autre, je devais me souvenir que c’était lui le premier. 5 ans de relation, et tout ce que ce gars regretterait, c’était mon cul. Il a mis un temps à comprendre que tout était fini. L’une des rares fois où nous avons eu un contact au téléphone après la rupture, il a réussi à me gonflé une fois de plus. Il était fâché d’apprendre que j’avais fait un piercing à la langue. Parce que Monsieur avait loupé l’occasion de se faire sucer avec un piercing. Ce que je devenais, il s’en foutait.

Je crois que je ne serais pas capable de lui faire la bise tellement il me dégoûte.

Lorsque j’étais étudiante en droit, je papotais avec une copine sur un banc dans un parc. L’un de nos cours avait été annulé, alors nous prenions le soleil dans le parc face à l’université. Trois gars ont débarqué. L’un a essayé de m’embrasser de force. Pendant que j’ai levé mon poing pour lui mettre dans la tronche, un autre s’était faufilé derrière moi et a plaqué ses mains sur mes seins. Ensuite ils ont échangé leur place, histoire que celui qui avait tenté de m’embrasser puisse lui aussi me tripoter. J’ai vu rouge. Très très rouge. J’ai pété un plomb, hurlé comme une possédée et couru après ses connards qui ont pris la fuite. Pervers mais pas courageux. Comme tous les gens autour de nous dans le parc : PERSONNE a bougé son putain de cul pour nous venir en aide. Ma pote ne pouvait rien pour moi, elle essayait de se débarrasser du troisième agresseur pendant que les deux autres s’en prenaient à moi.

Je me suis effondrée chez moi quand ma mère m’a demandée comment j’allais. Je me sentais sale. Je ne me suis jamais sentie aussi sale de ma vie. J’ai pris une douche, j’aurais bien frotté ma peau jusqu’à en saigner.

J’ai bossé 5 ans comme hôtesse d’accueil dans un business lounge. Je ne me souviens plus de toutes les remarques salaces. Celle qui m’a le plus marquée c’est « I’d like to lick some nipples. » Ma supérieure ne m’a pas crue quand je lui ai dit. Jusqu’à ce qu’elle y ait droit, elle aussi.

Mon emploi suivant s’est déroulé dans un milieu plutôt masculin. Un milieu où tes collègues peuvent t’estimer, je cite, baisable. Un milieu où tu n’as pas le droit de t’opposer à ce genre de remarque. Bien entendu, j’ai eu droit à l’argument du « tu devrais être flattée. » Quand j’ai demandé à mon interlocuteur s’il accepterait que sa fille soit qualifiée de baisable, il a répondu « ah ma fille c’est ma princesse. »  J’étais sensée accepter ce qu’il n’accepterait pas pour sa fille. J’étais sensée accepter être un vagin sur pattes.

Je pourrais vous faire une compilation de toutes les remarques sexistes que j’ai bouffées. Tous les harcèlements de rue dont j’ai fait l’objet. Je vais me contenter de vous livrer la réflexion la plus poétique à laquelle j’ai eu droit : « Hey mademoiselle, ça te dirait que je mette ma bite dans ton vagin ? »

Je livre ici des événements dont il m’est difficile de parler, parce qu’il est temps que ça cesse. Parce que je ne suis l’objet de personne. Parce que mes ovaires ne me rendent pas inférieure à qui que ce soit. Parce que je porte des jupes ou des tenues un peu sexy uniquement quand je suis accompagnée de mon mec et/ou que je sais que l’on va me raccompagner en voiture. Parce que bien des mecs se déclarent blancs comme neige alors que nombre d’entre eux se sont livrés à des  attitudes sexistes/dégradantes ou qu’ils ont cautionné celles de leurs potes.

Ne venez pas me dire que vous n’êtes pas comme ça. Dites-moi que vous ouvrirez votre gueule quand vous verrez une fille agressée. Que vous n’écouterez pas une gamine dénonçant un potentiel pédophile d’un air distrait. Que vous ne traiterez jamais votre compagne comme un objet soumis à vos désirs. Que vous traiterez vos collègues féminines avec respect, sans commentaire sur leurs fringues ni leur potentiel au pieu.

Je suis tellement écœurée et en colère que je pourrais écrire 50 pages. 50 de plus si je relatais ce dont ont été victimes les femmes de mon entourage. Je vais m’arrêter là avec des mots repérés sur la page facebook de Rose Mc Gowan, victime d’Harvey Weinstein :

The devil whispered in my ear “You’re not strong enough to withstand the storm”.
Today I whispered in the devil’s ear “I am the storm.”



#MeToo-ment vôtre,

Solaena

samedi 29 avril 2017

[Réflexion] À toi, bourreau de Mario.



Je ne sais pas comment tu t’appelles, alors je vais t’appeler « bourreau de Mario ». Mario, c’est le nom donné au lapin que tu as martyrisé. Le nom donné par les gens qui l’ont trouvé dans leur jardin où t’as été le balancer comme un déchet. Tu aurais pu mieux choisir le jardin hein. Parce que les propriétaires du jardin que tu as choisi, ils ont attendu 9 jours avant d’amener Mario au refuge où je suis bénévole. Parait qu’avant de nous l’amener, ils ont attendu de voir si personne ne réclamait Mario. Quelle drôle d’idée de vouloir rendre un animal à son tortionnaire, tu me diras ! Faut croire qu’ils ne sont pas doués pour reconnaître un animal en souffrance (m’enfin je suspecte quand même une volonté de ne pas ouvrir les yeux pour ne payer de consultation véto) ; parce que quand ils ont déposé Mario au refuge ils ont juste signalé un problème à la patte.

C’est là que j’interviens : j’arrive au refuge quand ces personnes partaient après avoir déposé Mario. Ah ça pour avoir un problème de patte, y en avait un ! Ils n’ont juste pas précisé qu’une énorme tumeur génitale gênait sa démarche. Qu’elle était bien infectée. Il semblerait qu’ils n’aient pas remarqué non plus que Mario était couvert de squames, perdait ses poils, avait les incisives tellement longues qu’il ne pouvait plus fermer la bouche, une grosse boule en dessous du menton et des pododermatites. Il avait aussi des grosses pointes sur les molaires mais ça je ne vais pas te le reprocher de ne pas l’avoir vu hein. Tu ne pouvais pas le savoir vu que tu n’as jamais bougé ton cul pour aller chez un vétérinaire.

Si tu as suivi jusqu’ici : me voilà donc confrontée à un lapin qui cumule légèrement les soucis de santé. Et comme je ne possède pas ta faculté de laisser crever un animal, je l’ai directement embarqué chez moi et le lendemain ma vétérinaire me recevait d’urgence. J’ai déjà vu des trucs crades, bourreau. J’ai même adoré mon cours de médecine légale. Mais quand j’ai tenu Mario pendant que la véto nettoyait la tumeur, j’ai dû me retenir de gerber. Et je me suis demandée comment le lapin que je tenais entre mes mains était encore en vie. Après deux jours d’hospitalisation, Mario est rentré chez moi en soins palliatifs : la tumeur génitale était inopérable.

Depuis hier, j’ai particulièrement envie de te démonter la gueule, bourreau. Mais je ne peux pas, tu n’as pas laissé de pièce d’identité quand tu as balancé Mario dans le jardin. Sinon je serais ravie de te coller une plainte pour maltraitance sur animal au cul. Et mon pied dans ta tronche, je chausse que du 36 mais y a moyen de t’envoyer chez le dentiste si je me concentre bien. Vu que je suis dans l’impossibilité de t’exprimer en direct toute ma sympathie, je déverse donc ma haine ici. Mais tu t’en fous hein, t’es pas là. Tu n’as jamais été là.

T’étais pas là quand Mario avait besoin de soins. Quand ses dents ont commencé à sortir de sa bouche. Quand une tumeur a commencé à apparaître entre ses pattes. Tu as jamais dû le manipuler en fait. Vu l’état dans lequel on l’a récupéré, tu l’as plus que probablement laisser crever dans une cage dégueulasse, en témoigne sa teigne et ses pododermatites.

T’étais pas là quand j’ai appelé la véto dimanche en catastrophe. Quand on a eu des hauts le cœur en nettoyant sa tumeur. Tu étais pas là quand Mario me regardait d’un air « ah non pas encore les soins ! » Quand je le forçais à prendre ses médocs, quand je galérais pour nettoyer sa tumeur. T’étais pas là quand je regrettais ne pas pouvoir lui donner plus qu’une malheureuse feuille de chicon parce que TU ne l’as pas habitué à manger des légumes.

T’étais pas là hier quand je suis allée chez la véto pour vérifier où en était l’état général de Mario. T’étais pas là pour me voir me décomposer quand elle m’a dit que la tumeur avait gonflé et que Mario était plein de nodules. T’étais pas là quand je me suis effondrée après avoir donné mon accord pour l’euthanasie de Mario. T’étais pas là quand moi je suis restée jusqu’à la fin pour qu’il ne parte pas tout seul. Pour qu’il sache que les humains ne sont pas tous cruels comme toi. T’étais pas là quand il s’est progressivement endormi. T’étais pas là quand je lui tenais la patte pendant qu’il recevait une énorme piqûre de liquide rose qui achevait sa vie de souffrance. T’étais pas là quand la véto l’a emmené dans son petit plaid bleu à étoiles. T’étais pas là pour me ramasser à la petite cuiller quand je suis sortie du cabinet vétérinaire. Encore moins pour me tendre les mouchoirs que je massacre depuis hier.

T’étais pas là parce que c’était ton choix de laisser littéralement pourrir un lapin sous ta responsabilité. Tu l’as laissé souffrir durant des années. Pendant ce temps-là, ça fait une semaine que je me fais du souci pour lui. Et j’ai le cœur en lambeaux depuis hier. Je ne te pardonnerai jamais de ce que tu as fait subir à Mario. Comme je ne te pardonnerai jamais d’avoir dû assumer l’euthanasie à ta place. Putain que je te hais, bourreau.

Tu connais la meilleure, bourreau ? Je culpabilise pour plein de choses. Je voulais lui faire un espace sans cage adapté à sa santé mais je n’ai pas eu le temps. Je voulais lui faire goûter d’autres légumes, mais je n’ai pas pu. J’aurais voulu mieux assurer ses soins. J’aurais voulu lui faire des papouilles sans mes gants en latex pour me protéger de sa teigne. J’aurais voulu lui sauver la vie mais c’était impossible. Et toi pendant ce temps-là, tu vis tranquille. Tu as peut-être même acheté un nouveau lapin à laisser crever.

On ne souhaite pas le malheur à autrui. J’ai quand même envie de te souhaiter des tas de choses pas joyeuses. Tu ne liras jamais ces lignes mais je te le dis quand même : tu es un infâme connard sans cœur et je te souhaite d’avoir l’appareil génital en feu. C’est que Mario a subi. C’est pour ça qu’il est mort. C’est pour ça que j’ai dû prendre les devants face à la mort atroce qui l’attendait. Ma seule consolation, c’est de savoir que Mario n’est pas mort agonisant dans sa cage puante. Il est parti en s’endormant. Après que je l’ai regardé dans le blanc de l’œil en lui demandant mille fois pardon. Tu n’es qu’une grosse merde, bourreau.

Sur ce, j’ai une boite de mouchoirs à dégommer. Dans 3 jours, cela fera 3 ans que mon petit lapin Schwartzy est mort dans mes bras. Alors tu m’excuseras, mais la mort de Mario hier rajoute une belle couche sur un cœur déjà bien gros.

Je-te-souhaite-quand-même-un-bon-scorbut-à-t’en-faire-tomber-les-gençives- ment tienne,



Solaena.

Mario

vendredi 24 mars 2017

[Réflexion] 40 jours sans connerie humaine


                J’ai essayé de ne pas réagir. Nan je vous jure, mon grand clapet et moi on a tenté de la boucler. Mais y a un moment où faut pas pousser bobonne végane dans les abysses viandardes : tout ce foin autour du défi 40 jours sans viande me gonfle et pas qu’un peu.

                Je passe souvent pour un Caliméro quand je dis ça (que l’on m’apporte une coquille végétale je vous prie !) mais il y a véritablement dans le chef de certaines personnes une haine envers les véganes. Genre, notre simple existence dérange. Et le pire dans tout ce bazar à la con, c’est que les véganes y sont pour rien dans ce défi ! Celui-ci a été lancé par des gens voulant réduire la consommation de viande. Alors vous nous n’excuserez d’exister hein, parce qu’on vous a rien demandé. Et quand bien même, ce foutu défi est proposé et non imposé. Participe donc qui veut. Mais manifestement ceux qui ne veulent pas de ce défi ont besoin de le crier haut et fort au point d’en faire un tapage médiatique : des ripostes en tout genre fleurissent un peu partout. Et elle est là la vraie propagande !

                Sérieusement, ces réactions sont ridicules. On dirait des gosses qui craignent être privés de bonbons. Les agriculteurs s’insurgent, saleté de véganes qui veulent leur voler leur travail ! Le ministre de l’agriculture s’inquiète de ces extrémistes voulant imposer leur régime salade saupoudrée de cailloux. L’utilisateur facebook se rebelle, pas question que l’on touche à son steak !
                Alors j’ai envie de dire ceci : personne ne vous a mis le couteau sous la gorge pour réaliser ce défi. Le couteau, il est sous la gorge des animaux dans les abattoirs. Mais ça, ce n’est pas grave, suprématie du droit au barbec. Je n’en ai rien à foutre de votre droit à manger de la bidoche, le droit de vivre des animaux me semble au-dessus. Je n’en ai rien à foutre du travail des agriculteurs. Je peux difficilement verser une larme pour quelqu’un qui verse du sang chaque jour. La reconversion ça existe, l’agriculture peut être végétale. Les nazis ont aussi perdu leur job le jour où on a fermé les camps de concentration. Perso, ça ne m’empêche pas de dormir. Ouais, je n’y vais pas de mains mortes quand j’ai les boules. Je n’en ai rien à foutre de tous ces crétins qui se sentent menacés comme si les véganes allaient leur arracher leur morceau de steak de la bouche.

                J’en ai juste sacrément ras le légume qu’une fois de plus les véganes soient dépeints comme des fous furieux prêts à tout pour vous obliger à manger de l’herbe. Alors que le véritable extrémisme vient des gens qui se sentent obligés de brandir leur fourche(tte)s parce qu’ils aiment trop les pâtes carbo. À nouveau : ce défi n’est pas obligatoire, alors gavez-vous de viande si ça vous chante les artères et foutez nos la paix. Mais où étaient les alcolos lors du challenge minéral ?!

                Sur les réseaux sociaux, on m’a carrément sorti « Un végane, ça se tutoie. » Ben oui, j’ai fait le choix d’essayer de mener une vie sous le signe de la compassion, ça justifie tout à fait de me manquer de respect. Logique.

                Je fais des efforts pour être une végane ouverte à la discussion. Mais là je vous avouerais que j’ai envie d’hurler. D’envoyer tous ces gens qui crachent sur le véganisme dans les abattoirs. Pour qu’ils soient confrontés à leur ignorance. Pour qu’ils regardent ces animaux dans le blanc de l’œil et leur disent « Ma gourmandise vaut tellement plus que ta vie. » 
                Je ne supporte plus les « J’aime et je respecte les animaux mais ta gueule le végane, le steak c’est trop bon. » Hypocrisie quand tu nous tiens. Je ne supporte plus les moqueries en tout genre, les « Ça a l’air dégueu ce que tu manges » les « Hummmm des pruneaux » quand je parle de lapins à sauver. La société vous a aliéné à ce point pour que vous trembliez rien qu’à l’idée de 40 malheureux jours sans viande ???
                Je suis devenue végane pour les animaux et pour moi, pas pour emmerder les pseudos omnivores. Alors s’ils pouvaient également me foutre la paix, ce ne serait pas du luxe. Parce que moi je n’ai plus le luxe de l’ignorance, pour reprendre les propos d’Isabelle Bertaggia dans sa touchante lettre ouverte.

                Les vives réactions autour de ce défi sont représentatives de notre monde actuel : individualisme, égoïsme, pointer du doigt un prétendu oppresseur pour ne pas se poser question sur l’oppression que l’on exerce soit même. Précisons tout de même qu’en Flandre, ce défi de 40 jours sans viande est vachement mieux accueilli. Le Wallon ira encore s’étonner que le nord du pays soit vu comme en avance sur le sud …

                Dans tout ce merdier, j’ai malgré tout envie de voir du positif. Si ce défi suscite tant de bordel, je veux croire que c’est parce que les lobbies sentent qu’un mouvement est en marche. Petit à petit le véganisme déploie ses ailes car les gens ouvrent leurs yeux. Si les véganes étaient réellement qu’une bande d’abrutis suceurs de cailloux, le débat ne serait pas aussi vif.

                Alors si toi qui me lis aspire à un monde où il est normal de torturer et tuer un être pour son simple plaisir gustatif, crains moi. Crains nous. Crains tous les omnivores prêts à faire des efforts. Parce que tu pourras nous cracher des litres de haine au visage, tu n’enterras pas notre compassion.

                Vivement le challenge 40 jours sans connerie humaine.

                L’amour-du-jambon-ne-surpassera-jamais-l’amour-des-cochons-ment vôtre,

                Solaena


lundi 2 janvier 2017

[Réflexion] « Et ça, on ne pourra pas nous le reprendre. »



                Je crois que nous sommes tous d’accord : 2016 a été une drôle d’année face à laquelle il n’était pas facile de garder le moral.

                Dans tout ce merdier, la meilleure-maman-du-monde (la mienne, donc) a eu une pensée qui a résonné en moi. Après avoir visité le marché de Noël, nous sommes allées voir les jeux de son et lumière sur la Grand Place (au rythme desquels nous avons dansé comme deux andouilles ^^) Avant que nous regagnions chacune nos pénates, parlant du moment que nous venions de passer, la meilleure-maman-du-monde a dit « Ça, on l’a eu, et on ne pourra pas nous le reprendre ! »

                Et c’est bien vrai. Toutes les saloperies susceptibles de me tomber dessus ne pourront pas me reprendre ce moment-là. Ni les autres moments positifs d’ailleurs. Et si 2016 laisse un goût amer, elle aura aussi été l’année où j’ai fait découvrir Londres à ma petite sœur, où j’ai eu DEUX hugs de Gavin James, où mes lapins ont enfiiiiiiiiin décidé de cohabiter (un an et demi que ça a pris !), où j’ai entendu la fabuleuse voix de Josh Groban en live, où je suis retournée à Lisbonne et en Bretagne, où j’ai rocké mon pompon au son de Nickelback puis de Skillet, etc.

                Alors pour 2017, je vous souhaite plein de moments que personne ne pourra vous reprendre, des moments qui valent plus que tout l’or du monde.

                On-ne-pourra-pas-me-reprendre-mon-côté-rock’nroll-ment-vôtre,


                Solaena

lundi 12 décembre 2016

[Vegan Life] Des idées de cadeaux véganes.

  

Je déclare la saison du « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir offriiiiiiir ? » ouverte ! Mais ne vous plaignez pas trop vite mes ptits pompons, certains ont dans leur entourage de drôles de bestioles qui vont corser le choix des cadeaux : j’appelle à la barre, les véganes !

            Mais que diable offrir à ces damnés de la carotte ?! N’ayez crainte, votre rock’n roll bunny a quelques idées pour vous.

            Tout d’abord, quelques mots sur ce à quoi il faut prendre garde. Si vous optez pour un textile, vérifiez qu’il ne contienne pas de laine (angora, mérinos, etc.), cuir ni soie. Pour un cosmétique, il faut veiller à ce qu’il ne soit pas testé sur les animaux et ne contienne rien d’origine animale comme de la cire d’abeille (souvent appelée « cira alba ») ou de la lanoline.

Question gourmandise, évidemment pas de viande/poisson/produit laitier/œuf ; mais il convient également de bannir le miel, la gélatine, la poudre de lait (cette vicieuse qui se planque partout) et cochenille (trop souvent cachée derrière les appellations « carmin » ou E120, que l’on trouve dans beaucoup de produits alimentaires roses.)

À noter que certains véganes refusent également de consommer l’huile de palme. Si cette huile est végétalienne, elle n’est malheureusement pas végane. Car elle est responsable de déforestation et de massacres d’orang-outans  (voire d’êtres humains…) Même dite « durable », l’huile de palme est à éviter, que vous soyez végane ou non.

Et là, c’est le drame, vous avez envie de vous faire pipi dessus pensant que vous ne trouverez rien qui convienne. Calmez vos vessies, on va dépatouiller tout ça.

Si vous souhaitez combler un végane gourmand, le plus simple est d’acheter dans une boutique végane. Pas besoin de vous casser la tête, tout conviendra. Malheureusement, il existe peu de boutiques véganes mais grâce à internet vous devriez vous en sortir.

À Bruxelles, il y a « Vegasme ». À Louvain, « Shavt » et ses fromages véganes faits maison. (Malheureusement Shavt fermera ses portes en février/mars.) À Liège, « Go Veg. » À Wépion (Namur), « VEGGI » qui propose un magasin « physique » et online.

Auprès d’ « Un monde vegan », magasins à Lyon et Paris, il est également possible de passer une commande en ligne.

            Pour un amateur de chocolats, vous pouvez opter pour l’une des possibilités véganes chez « Belvas », bio et fairtrade. Leurs produits véganes sont clairement identifiables par un logo. (Les « flakked truffles sont délicieuses ! ) Ils ont même deux possibilités véganes et sans sucre ajouté. Vous trouverez cette marque en magasins bio, voire certains supermarchés.

            Autre marque proposant des produits facilement repérables avec une mention « vegan » : « Wiloco ». Sans lactose et à base de sucre de coco, cette marque propose des sujets de Saint-Nicolas, œufs de Pâques, tablette et « fruits de mer » (avec lesquels j’aime m’empiffrer que j’aime déguster.) Vous trouverez ces produits dans certains magasins véganes, magasins bio (dont Bioplanet) et même certains supermarchés Colruyt. Notez que le sucre de coco donne un petit goût de caramel au chocolat.

            Si vous comptez mettre un cosmétique végane sous le sapin, les magasins cités ci-dessus en proposent un peu. Vous en trouverez aussi chez « Vegan mania », boutique sur Paris avec possibilité de commander sur leur site internet. Tout y est végane comme son nom l’indique et vous y trouverez des produits de qualité sans parabène.

            Pour les petits budgets, il y a l’online shop E.L.F. Leurs produits sont non testés sur les animaux et en grande partie véganes. Pour la plupart de leurs cosmétiques, la cire d’abeille est synthétique.

            Méfiez-vous des marques qui soutiennent mordicus ne pas tester sur les animaux. Dans la plupart des cas, ils ne pourront pas garantir que les ingrédients utilisés sont tous non testés sur les animaux. Pire encore, certaines marques (comme Yves Rocher et Occitane en provence par exemple) vendent en Chine où les tests sur animaux sont obligatoires pour vendre des cosmétiques. Body Shop quant à lui ne teste pas sur les animaux mais appartient à L’Oréal, le diable absolu.

            Pas mal de marques se targueront de respecter la législation européenne qui interdit les tests sur les cosmétiques. Je ne vais pas vous faire une tartine là-dessus mais en bref : cette législation c’est du vent, notamment en raison de la saloperie qu’est REACH. Pour ne pas commettre d’impair, privilégiez donc les points de vente véganes.


Si vous n’aviez pas la possibilité d’acheter dans une boutique végane, « Lush » pourrait venir à votre secours. Le panel de produits véganes est large. Il y a deux boutiques à Bruxelles ainsi qu’un web shop. Personnellement, je suis une grande fan de leurs « ballistic », des bombes de bain qui donnent une allure funky à l’eau et qui sentent trop bon. Lors des fêtes de fin d’année, ils proposent toujours des coffrets cadeaux ainsi que des articles à thème.


Si le destinataire de votre cadeau aime lire, vous trouverez pas mal de livres sur le sujet. Parmi mes favoris :
-« Faut-il manger les animaux ? » de Jonathan Safran Foer qui explique sans être moralisateur.
-« Insolent Veggie » de Rosa B., une BD pour les amateurs d’humour caustique.
-« That’s why we don’t eat animals” de Ruby Roth. Un très joli livre illustré qui réussit à parler horreur sans être horrifiant ; ce livre convient aux enfants.
-Côté roman, il y a « Le fabuleux destin d’une vache qui ne voulait pas finir en steak haché » de David Safier. Lisez mon avis sur le livre ici. Ce roman ne parle pas de véganisme mais devrait plaire aux véganes férus de lecture originale. Aussi, il y a « Esther, un amour de cochon » de Steven Jenkins et Derek Walter, histoire vraie et pleine d’amour racontée par l’un des papas d’Esther. Si « votre végane » aime particulièrement les cochons, ce live devrait être une belle surprise sous le sapin.
-Niveau livres de cuisine, il y en a de plus en plus. Vous trouverez des idées sur mon article. Mais pas mal d’autres livres sont sortis depuis que je l’ai écrit. Personnellement, ma préférence va aux livres de Marie Laforêt car ils sont visuellement très jolis.


            Votre végane préféré a l’âme militante ? Offrez-lui une adhésion à une association de protection animale. Privilégiez une asso qui a un « un angle de vue végane. » Pourquoi ? Parce que, par exemple, je serais peu ravie de recevoir une adhéion chez WWF qui a soutenu le projet REACH. Voici donc quelques noms d’associations :
            -Bite Back , asso belge œuvrant pour le droit des animaux. Je milite régulièrement avec eux donc je peux vous assurer qu’ils font un sacré bon boulot !
            -L214, asso française qui bousculent les préjugés à l’aide de vidéos choc.
            -Groin Groin, asso française qui sauve des cochons.
            -Le rêve d’Aby, refuge belge pour animaux de ferme.
            -Happily Ever Esther Farm Sanctuary : sanctuaire pour animaux de ferme fondé par les papas d’Esther the wonder pig au Canada.
            -White Rabbit : asso qui réhabilitent des lapins de laboratoire.


            Si l’idée d’une adhésion ne vous plait pas trop, sachez que ces assos vendent également des articles en ligne au profit de leurs actions/animaux pris en charge. Aussi, l’Happily Ever Esther Farm Sanctuary propose des « virtual gifts » (présentés de façpn trop choupi ^^) Les sous récoltés grâce à ces cadeaux virtuels serviront à prendre soin des nombreux résidents du sanctuaire.


            Si ni l’adhésion ni l’achat dans une boutique d’associations vous tentent, vous êtes coriaces mais moi aussi : vous pouvez également offrir un parrainage d’un animal en refuge ou sanctuaire. Et ce ne sont pas les assos qui manquent ! Groin Groin (j’y parraine Nala), L’arche de Noé, White Rabbit, Happily Ever Esther Farm Sanctuary, Ani-nounou, CatRescue (où vous pouvez parrainer les chats non adoptables), etc. Des tas d’assos proposent diverses façons de parrainer l’un de leurs protégés.


            Enfin, pour un (e) végane fan de bijoux : beeutiful.fr vend des bracelets semi précieuses. Si vous passez commande, précisez que vous le faites au profit de l’association « Marguerite et Cie ». Cela ne vous coûtera pas plus cher et 30% du prix de vente sera alors remis à cette asso qui sauve des lapins en danger. Pour les méfiants, vous pouvez même suivre les dons remis à l’asso ici. Plein de positivité, ces bracelets sont super jolis et originaux ! J’ai passé plusieurs commandes et j’ai été ravie à chaque fois.


            Pour terminer, si vous ne savez toujours pas quoi offrir : devenez végane, c’est le plus beau des cadeaux que vous pourriez faire J


            Des cadeaux-véganes-sous-le-sapin-ment vôtre,



            Solaena

mercredi 5 octobre 2016

[Bouquin] « Travail soigné » de Pierre Lemaitre.


"Tu me saoules avec tes bouquins, vas te faire soigner!"


« Travail soigné » est ma première lecture de Pierre Lemaitre, un auteur que je ne connaissais pas du tout. Une chose est sûre, il ne fait pas dans la dentelle. 

Ce roman met en scène un serial killer complètement tapé qui reproduit des meurtres de romans policiers. (Quand on se la joue Norman Bates, c’est qu’on a un petit souci dans le ciboulot.) Complètement tapé MAIS très intelligent. Un mauvais cocktail qui ne sera pas du tout du goût du commandant Verhoeven en charge de l’enquête.

J’ai eu du mal à m’embarquer dans l’histoire : je n’accrochais ni au style d’écriture, ni au personnage de Verhoeven. Néanmoins, Lemaitre m’a donné la satisfaction d’être étonnée par l’identité du tueur. Une satisfaction venue contrebalancer le fait que j’avais rapidement flairé un nœud important de l’intrigue. Ce qui pourrait paraître être un détail, n’a pas échappé à l’œil de lynx du rock’n roll bunny ^^

Un peu dans la même veine que Maud Tabachnik ; Lemaitre ose prendre des risques, mais dans un style qui me plait moins. Cela étant dit, il est parvenu à capter mon attention après 350 pages. Je serais donc curieuse de lire un autre de ses romans, probablement « Alex » qui est le second roman de la trilogie Verhoeven.

Si vous êtes tentés à l’idée de lire un de ses bouquins, sachez que Lemaitre est à réserver à des lecteurs capables d’encaisser de la littérature « policière-crapuleuse » ^^


Mon-blog-n’est-pas-aussi-soigné-ment vôtre,


Solaena

mercredi 28 septembre 2016

[Bouquin] « Fractures » de Franck Thilliez

"Et si je fracturais ce bouquin à coups de quenottes, hum?!"

            Alice a une vie un peu mouvementée. Elle suit un traitement psychiatrique en vue d’être guérie de ses « trous noirs ». Son père est hospitalisé après avoir été poignardé. Et il semblerait que sa sœur, décédée il y a dix ans, soit encore en vie tout compte fait. Gloups.
            Pendant ce temps là, une collègue du psychiatre d’Alice trouve un homme dans un état catatonique plutôt impressionnant. Re-gloups.

            J’ai eu un peu de mal à être captivée par ce roman ; il m’a fallu à peu près les 2/3 du livre pour l’être. J’ai vite flairé le déroulement de l’intrigue ; par contre je n’avais pas vu venir les tout derniers rebondissements, chose que je recherche dans ce genre littéraire.

            Avec « Fractures », Thilliez nous propose à nouveau un roman bien fouillé (ici sur le sujet du traumatisme), différent du genre « flic au cul d’un m échant serial killer ». Dans cette histoire, c’est une victime (Alice) qui se pourchasse elle-même afin de comprendre le mal qui la ronge. Mais Alice ne s’attendait pas à une cause aussi choquante et malsaine…

            « Fractures » n’est pas, selon moi, le meilleur roman de Thilliez. Mon préféré reste « Vertige »  qui sera difficilement détrôné. Mais je dois reconnaître que « Fractures » est un bon roman ; et qu’une fois de plus Thilliez s’est beaucoup investi/documenté (petit clin d’œil au « double bind » que j’ai eu l’occasion d’étudier) afin que son roman soit crédible.

            Je recommanderais donc « Fractures », surtout à un lecteur non-familier de ce genre littéraire qui souhaiterait découvrir Thilliez. Mais si ce bouquin est trop costaud pour vous, il ne faut clairement pas lire un autre de ses livres ^^

            Je-sais-je-lis-beaucoup-de-romans-de-Thilliez-ment vôtre,


            Solaena